L’évolution des concepts biologiques et des techniques a modifié l’approche des traitements
canalaires et a considérablement limité la pharmacopée endodontique.
Il apparaît que les solutions d’irrigation et les médications temporaires actuellement utilisées sont d’une
grande utilité, mais qu’elles ne répondent pas totalement aux critères requis.
Les progrès conjoints de la pharmacodynamie et des connaissances histologiques, physiologiques,
immunologiques et pathologiques de l’organe dentaire et de son environnement nous permettent cependant,
dans un souci d’efficacité et de tolérance, d’adopter, en fonction des circonstances cliniques, une attitude
thérapeutique subordonnée aux règles de la biologie
Introduction
Depuis des décennies, de nombreux agents thérapeutiques ont été
proposés pour répondre aux objectifs endodontiques : parage
canalaire, contrôle de l’infection et maîtrise de la douleur. Si
beaucoup ont disparu de notre arsenal thérapeutique, d’autres
résistent à l’épreuve du temps et ont même vu leurs indications se
multiplier au fur et à mesure de l’avancement des recherches et des
résultats cliniques obtenus.
L’évolution des concepts et des techniques endodontiques a
considérablement réduit la pharmacologie endodontique. Elle se
limite actuellement à quelques solutions d’irrigation et produits à
usage médical. Leur choix tient compte des objectifs recherchés, ainsi
que de la qualité et des contraintes des substances utilisées.
Solutions d’irrigation
L’irrigation contribue de façon très significative à améliorer les
résultats des manoeuvres endodontiques.
L’irrigant a deux actions complémentaires :
– une action physique liée à la quantité de solution utilisée ; sa
fonction essentielle est l’élimination mécanique des débris
intracanalaires par lavage et lubrification ;
– une action chimique liée aux qualités de l’irrigant, notamment à
son action solvante et déminéralisante, son activité antibactérienne
et sa bonne tolérance.
L’effet de l’irrigant est fonction de sa nature, de sa concentration, de
la température d’utilisation et du temps d’action. De nombreux
agents chimiques ont été proposés pour l’irrigation canalaire,
certains sont tombés en désuétude, essentiellement pour des raisons
de manque d’efficacité, de toxicité ou de difficultés d’utilisation etde conservation. C’est le cas des acides, des bases fortes et des
enzymes. D’autres, tels les dérivés chlorés, les oxydants et les
chélateurs, sont couramment utilisés car ils répondent mieux aux
critères requis.
DÉRIVÉS CHLORÉS
Parmi les dérivés chlorés, l’hypochlorite de sodium, utilisé à des
concentrations de 1 à 5%, reste, aujourd’hui encore, la solution
d’irrigation de choix en endodontie. La chloramine ne présente
aucun avantage particulier par comparaison avec l’hypochlorite de
sodium.
¦ Action solvante
Grossman [34] a démontré la supériorité de l’hypochlorite de sodium
sur les acides, les bases fortes et les dérivés oxygénés en ce qui
concerne son pouvoir solvant. La rapidité, l’efficacité de destruction
et de dissolution des tissus organiques et des débris nécrotiques sont
une aide appréciable lors du parage canalaire . La dynamique
instrumentale crée une agitation de la solution qui potentialise son
pouvoir solvant .
L’hypochlorite de sodium présente aussi l’avantage de détruire la
prédentine en mettant au jour le front de minéralisation , mais il a
un effet négligeable sur la dentine.
C’est l’action oxydante de l’hypochlorite de sodium sur les matières
organiques qui permet une dissolution rapide dès les premières
minutes de contact . Plus le pH se rapproche de la neutralité, plus
l’action oxydante est importante, mais plus la solution est instable
et toxique . Les solutions à pH 10 utilisées en France représentent
un bon compromis entre pouvoir solvant, stabilité et toxicité.
La cytotoxicité est proportionnelle à la concentration. Le problème
est donc de choisir la concentration minimale qui préserve un
pouvoir solvant suffisant, tout en assurant une action antiseptique
satisfaisante.
Pour Hand , les solutions à 5,25 % sont significativement plus
efficaces que les dilutions à 2,5, 1 et 0,5 %.
Rosenfeld et Sénia [72] estiment que les solutions à 5,25 % sont les
plus efficaces.
Thé obtient en 30 minutes une dissolution totale du tissu
nécrotique avec de l’hypochlorite de sodium à 3 %. Trépagnier ,
Gordon et Koskinen pensent qu’une concentration à 2,5 % est
largement suffisante.
Moorer et Machtou estiment qu’une concentration comprise
entre 0,5 et 2 %, associée à un renouvellement et une agitation de la
solution, est cliniquement suffisante.
Par ailleurs, Cunningham [14] a montré que l’élévation de la
température à 37 °C d’une solution d’hypochlorite de sodium à
2,5 % potentialise son pouvoir solvant sans altérer sa stabilité.
L’efficacité est alors comparable à une solution à 5,2 %. Cette idée
est confirmée par Abou-Rass .
¦ Action antiseptique
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